Cancer: la cardio-oncologie comme approche multidisciplinaire du traitement

Si la chimiothérapie peut augmenter considérablement les chances de survie des patients atteints d'un cancer, elle s'avère également toxique pour le cœur, a mis en avant la Belgian society of Cardiology (BSC) lors de son congrès organisé à Bruxelles. C'est pourquoi une nouvelle spécialisation voit peu à peu le jour, la cardio-oncologie, destinée à aborder les traitements de manière pluridisciplinaire. En Belgique, près de 30% des décès sont liés à des maladies cardiovasculaires et un quart à un cancer.

A l'échelle mondiale, on estime qu'environ 20 millions de personnes ont survécu à un cancer mais 25% d'entre elles ont aussi contracté une maladie cardiovasculaire après leur traitement.

Pour le professeur Patrizio Lancellotti, futur président de la BSC, ce problème doit recevoir l'attention nécessaire, car actuellement, «quel que soit le traitement contre le cancer, aucun n'est exempt de risque de maladie cardiovasculaire». Un nouveau Conseil de cardio-oncologie devrait voir le jour cette année, ajoute-t-il, même si elle «n'est pas encore officiellement reconnue».

«Connaître les effets secondaires cardiaques des anticancéreux et de la radiothérapie ainsi que les avantages et inconvénients des traitements oncologiques offre aux patients les meilleures chances de ne pas développer de maladie à long terme», souligne le spécialiste.

Cette spécialisation vise à s'assurer que des mesures sont prises en amont du traitement contre le cancer, durant celui-ci et après. Il est effectivement primordial d'identifier les risques de complications cardiovasculaires, pour les anticiper. Un traitement précoce pour ces complications peut aussi être administré. Après traitement, les complications qui pourraient éventuellement se manifester plus tard doivent par ailleurs être répertoriées. L'industrie pharmaceutique a également un rôle à jouer, selon lui, en tenant compte des risques cardiovasculaires potentiels d'un traitement.

La santé et le comportement du patient (alimentation, activité physique, tabagisme...) doivent être surveillés pour réduire les risques, avance encore la BSC.

En 2020, une première journée "Coeur et oncologie" sera organisée, pour sensibiliser les patients et les médecins, à l'occasion de laquelle une bourse de recherche sera octroyée par la BSC.

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