Cancer du poumon : une application mobile d'auto-surveillance permet d'augmenter la survie

A l’ASCO, déja en 2016, le Dr Fabrice Denis, cancérologue radiothérapeute à l’Institut Jean-Bernard (Le Mans) avait présenté les résultats intermédiaires d’une étude sur une application mobile d'auto-surveillance appelée MoovCare et développée par la start-up française SIVAN Innovation. Elle permet d’évaluer l’état d’un patient atteint d’un cancer pulmonaire sur une base de 12 symptômes que rapportent le patient via son smartphone. De retour à l'ASCO, qui s'achève ce 5 juin à Chicago, il refait le point avec 2 ans de recul. 

Le premier intérêt de cette application mobile est qu’elle est valable pour n’importe quel cancer pulmonaire. Comme on sait, la surveillance de ces cancers une fois traités est d’environ tous les 3 à 6 mois. Il est donc possible que la visite de contrôle survienne tardivement après une vraie récidive. Cela entraine inévitablement un retard de traitement. De plus, la visite de contrôle nécessite le plus souvent un scanner thoracique.

Les 12 questions posées au patient ou à sa famille concernent son poids, sa différence de poids, son anorexie, sa déprime, sa douleur, sa dyspnée, sa température, sa peau, son visage, sa voix, ses crachats, sa toux et sa fatigue.

Très facile d’utilisation, Moovcare est bien acceptée par les patients: plus de 8 sur 10 ont adhéré au programme et ont rempli chaque semaine le questionnaire. «Grâce à l’application, ils n’ont plus une vie rythmée par les scanners, et sont moins en proie à l’angoisse que ces examens génèrent. Nous pouvons en plus leur prouver que ce système prolonge la survie et améliore leur qualité de vie», soulignait Fabrice Denis au Figaro.

Les études menées actuellement ont démontré une sensibilité de détection de 86 à 100%. La dernière étude de phase 3 montre que la WebApp a permis de détecter une première récidive chez des patients en bon état général chez 75,9% des patients et dans le groupe contrôlé par scanner sans la WebApplication, ce taux n’a été que de 32,5%. Le traitement optimalisé a pu être initié chez 72,4% des patients du premier groupe contre 32,5% pour le groupe contrôle. 

Depuis 2016, l’idée a fait son chemin et le Dr Fabrice Denis espère bien un remboursement par la sécurité sociale en France. Une dizaine d’hôpitaux vont l’utiliser prochainement en phase pilote et en vie réelle.

D’autres algorithmes sont actuellement en développement pour le suivi de tous les autres cancers.

> Randomized Trial Comparing a Web-Mediated Follow-up With Routine Surveillance in Lung Cancer Patients

 

 

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