Thérapie par radioligands : un sommet relance son intégration dans le futur Plan cancer

L’augmentation attendue du nombre de patients éligibles à la thérapie par radioligands d’ici 2035 alimente les discussions entre décideurs, cliniciens et experts réunis lundi lors du sommet « Scaling up nuclear medicine ». L’intégration de cette approche dans le Plan cancer belge 2026-2030 est soutenue dans ce cadre, sur fond de besoins croissants en capacités et en organisation des soins.

Actuellement limitée aux tumeurs neuroendocrines et au cancer de la prostate métastatique, la thérapie par radioligands pourrait connaître une expansion rapide, avec près de 400 études cliniques en cours dans le monde. « On prévoit une multiplication par dix, voire par quinze, du nombre de patients éligibles à la thérapie par radioligands d'ici 2035. Nous devons nous y préparer dès maintenant », déclare, lundi dans un communiqué, Sarah Baatout, directrice adjointe de l’institut Nuclear Medical Applications du SCK CEN.

Cette évolution intervient dans un contexte où la médecine nucléaire constitue un secteur structurant en Belgique. Le ministre de l’Énergie Mathieu Bihet rappelle qu’en 2025, près de 13 millions de patients dans le monde ont été traités grâce aux radio-isotopes produits dans le pays. « La médecine nucléaire constitue un véritable secteur d’excellence pour notre pays. Nous bénéficions d’un écosystème unique, qui associe institutions de pointe, infrastructures de qualité et expertise reconnue sur le plan international », déclare-t-il.

Plusieurs freins à un déploiement à grande échelle sont toutefois identifiés, notamment la répartition géographique des scanners PET, le nombre limité de salles de thérapie, les conditions de remboursement et l’obligation d’une nuit d’hospitalisation. « Grâce à ces recommandations, nous pouvons rapidement gagner en capacité. Un remboursement élargi permettrait aux médecins d’évaluer le diagnostic et les chances de réponse au traitement en une seule étape », explique Nadia Withofs, spécialiste en médecine nucléaire au CHU de Liège, qui évoque également la nécessité d’investissements dans les infrastructures.

Les discussions portent aussi sur l’intégration plus systématique des spécialistes en médecine nucléaire au sein des équipes multidisciplinaires d’oncologie.

Dans ce contexte, les travaux en cours au sein du SPF Santé publique, de l’INAMI et de Sciensano sur le Plan cancer 2026-2030 sont identifiés comme un levier structurant. « L’AFMPS soutient le Plan Cancer dans le cadre de sa mission visant à garantir des traitements sûrs, efficaces et de bonne qualité, et souhaite ainsi contribuer au développement et à l’ancrage de la thérapie par radioligands en tant que nouvelle option thérapeutique », déclare Hugues Malonne, directeur général de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé.

La Belgique compte environ 350 médecins spécialisés en médecine nucléaire, 18 centres de théranostique agréés et deux acteurs majeurs dans la production de radio-isotopes, le SCK CEN et l’IRE. Dans ce cadre, la thérapie par radioligands est présentée comme une option appelée à prendre une place croissante dans la prise en charge oncologique, sous réserve d’adaptations organisationnelles et capacitaires.

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