Un moment historique : l’arrivée des cyclotrons au premier centre de protonthérapie belge

Ce mercredi matin restera gravé à jamais dans l’histoire de l’oncologie et plus largement des soins de santé belges. En effet, c’est sous un ciel menaçant, mais sans pluie, que l’accélérateur de particules (aussi appelé cyclotron) dédié à la clinique a été installé sur le Health Sciences Campus Gasthuisberg où se construit le premier centre de protonthérapie belge, ParTICLe. L’autre cyclotron, destiné à la recherche, avait été installé la veille.

Pour le monde de l’oncologie, et plus particulièrement pour le petit cercle des radiothérapeutes, les 24 et 25 avril 2018 resteront donc gravées dans les mémoires. L’engouement et l’excitation étaient palpables hier sur le chantier où étaient réunis médecins, gestionnaires, conducteurs de travaux ainsi que représentants de la firme wallonne, IBA, qui fournit ces cyclotrons.

Une opération de grande précision

Il était environ 10 heures lorsque le cyclotron a été déballé et que les grues ont commencé à se mettre en mouvement. «Rien n’avait été déballé plus tôt de peur qu’il ne pleuve», confient les responsables de presse de l’UZ Leuven. Il aura alors fallu environ deux heures pour réaliser cette opération de grande précision, à savoir descendre le cyclotron dans les bunkers à l’aide d’une grue mobile et d’un système à hisser hydraulique depuis le toit du centre.

En termes un peu plus techniques, le superconducting synchro-cyclotron d’IBA est un accélérateur très compact qui produit des protons à 230 méga-électron-volts (MeV) avec une intensité de 135 méga-ampères mAmp, tandis que l’installation ne pèse ne que 55 tonnes pour un diamètre de 2,5 mètres. Grâce à l’installation des deux cyclotrons dans des espaces séparés, les chercheurs de ParTICLe pourront poursuivre leurs recherches scientifiques toute la journée. Ceci n’est souvent pas le cas dans d’autres centres européens de protonthérapie où l’appareil d’irradiation est réservé pendant la journée à l’irradiation des patients. 

Mesures de protection contre les radiations 

Le cyclotron est placé derrière d'épaisses parois en béton qui forment un bouclier. Pour conserver le maximum de propriétés de protection du bouclier de béton, le nombre de percements dans la structure en béton, nécessaires pour des techniques comme la ventilation et l’électricité, a été limité et leurs positions les plus favorables ont été analysées à l’aide d’un modèle de construction 3D (BIM).  

Différentes mesures de protection contre les radiations sont prévues. Des moniteurs de rayonnement ont été installés à l’intérieur et autour de bunker d’irradiation. Les portes des bunkers sont par ailleurs reliées au système de monitoring afin d’éviter qu’une personne puisse pénétrer dans l’espace de traitement lorsque l’appareil est en fonctionnement. Enfin, l’appareil de protonthérapie est aussi pourvu de systèmes de sécurité (pour que l’appareil d’irradiation ne puisse pas irradier lorsque la porte est ouverte, par exemple). 

Enfin, ajoutons que ce premier centre de protonthérapie devrait pouvoir traiter jusqu'à 250 à 300 patients par an lorsqu'il aura atteint sa vitesse de croisière, voire 600 si le cyclotron pour la recherche était utilisé pour la clinique, et qu'il devrait accueillir les premiers patients fin 2019.

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