« A terme, le futur centre de protonthérapie UCL/KUL pourra traiter jusqu’à 600 patients »

« Par rapport à l’agenda fixé initialement, nous sommes quasiment dans les temps », se réjouit le Pr Vincent Grégoire, radiothérapeute et coordinateur médical du projet ParTICLe pour les Cliniques Universitaires Saint-Luc. Dans une interview accordée au Spécialiste sur le chantier du cyclotron, il dresse un état des lieux du projet et se tourne déjà vers demain.

« Le projet accuse un à deux mois de retard, lié aux aléas comme dans tout chantier. Les firmes très sérieuses ont essayé de compenser en partie. Et donc, si tout se poursuit comme prévu, nous sommes partis pour un premier traitement dans le courant du troisième trimestre 2019 », déclare le radiothérapeute.

« Cela signifie donc que le premier faisceau va sortir cette année, sans aucun doute. Il faudra donc s’assurer que ce qui sort soit bien ce que l’on veut qui sorte. Différentes vérifications au niveau des doses notamment vont être réalisées dans les mois qui viennent par les physiciens », poursuit le Pr Grégoire.

Deux cyclotrons à usage différent

Les deux cyclotrons tout fraîchement installés ont à la base deux finalités différentes. L’un sera dédié à la clinique et l’autre à la recherche. « C’est le cyclotron à usage clinique qui va d’abord être mis en activité pour les patients. Mais cela n’exclut pas que dans quelques années, si nécessaire, le cyclotron destiné à la recherche pourra également être équipé d’un bras articulé de façon à pouvoir traiter des patients », ajoute le coordinateur médical du projet pour les CUSL.

Le cyclotron destiné à la recherche est donc tout à fait modulable. Néanmoins, dans un premier temps, il sera bel et bien affecté à de la recherche comme le détaille le Pr Grégoire : « Au début, ce sont des équipes de recherche (physique, biologique, engineering, …) qui vont utiliser un faisceau de protons pour étudier différentes choses comme la radiothérapie adaptative, d’autres détecteurs, d’autres mesures de la dose, … »

Un seul centre sera-t-il suffisant ?

La question fait rage depuis plusieurs années maintenant : un seul centre est-il suffisant pour couvrir les besoins belges ? (Voir le dossier spécial du Spécialiste consacré à ce sujet)  Le Pr Grégoire fait partie de ceux qui estiment que « pour l’instant, sur la base des indications qui ont été acceptées par l’Inami, un seul centre sera suffisant ».

« Mais je suis aussi de ceux qui disent que nous allons collaborer avec les autres centres européens pour définir les autres indications. Cela justifiera alors peut-être en 2025, ou un peu avant ou un peu après, d’ouvrir notre deuxième salle (NDLR c-à-d utiliser le cyclotron qui était initialement prévu à de la recherche). Nous serons prêts. Le raisonnement que je tiens est un raisonnement basé sur les évidences. »

En régime de croisière, Vincent Grégoire estime qu’un cyclotron permettra de traiter 250 à 300 patients par an. Si les deux sont utilisés à terme, le centre ParTICLe sera donc capable de traiter 500 à 600 patients par an.

Une réflexion européenne

Pour l’instant, dans sa pratique clinique quotidienne, le Pr Grégoire – qui ne fait pas de radiothérapie pédiatrique mais de la radiothérapie adulte ORL, proche de la base du crâne notamment – envoie quelques patients par an à l’étranger. « Il s’agit de patients que nous traiterons demain ici à Leuven. Les contacts que nous avons avec les centres étrangers sont excellents. Le monde de la protonthérapie européen est un petit monde. Nous nous connaissons très bien. Nous avons un groupe de discussion européen. Nous n’allons pas faire les choses chacun dans notre coin. Nous allons mutualiser nos idées et nos ressources intellectuelles pour faire avancer les choses ».

Une belle union UCL-KUL

« La Belgique va enfin pouvoir bénéficier de ce pourquoi elle était très forte en particulier à l’UCL puisque l’ingénieur Yves Jongen qui a fondé IBA est un ancien ingénieur du cyclotron de Louvain-la-Neuve. Il y a un know-how inéluctable au niveau de l’UCL, repris par la firme IBA », affirme le radiothérapeute.

« Par ailleurs, le fait que ParTICLe soit un consortium qui réunit à la fois l’UCL et la KUL est un élément important car cela montre que l’histoire évolue. On a tourné une page. Aujourd’hui, « Walen buiten », c’est terminé. C’est « together » ! », conclut le Pr Grégoire.

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