En Belgique, la dépendance au tabac n'est pas suffisamment prise en charge dans le système de santé, selon une enquête menée par la Fondation contre le Cancer et le SPF Santé publique publiée jeudi. L'étude, qui a interrogé plus de 18.000 professionnels de santé, pointe un manque de ressources et de coordination entre intervenants auprès des patients.
En Belgique, la plupart des fumeurs commencent avant leurs 21 ans. Et chaque année, plus de 9.000 personnes meurent des suites de la consommation de tabac dans le pays.
"Un accompagnement concret et structuré est donc essentiel. Le simple 'Vous devriez arrêter de fumer', glissé rapidement par votre médecin ne suffit pas : la dépendance tabagique doit être abordée systématiquement par tous les professionnels de santé et intégrée par défaut dans chaque trajet de soins", soulignent les auteurs.
Seulement 21% des répondants jouent un rôle proactif pour inciter leurs patients à arrêter de fumer. Les pneumologues (80%), cardiologues (70%) et tabacologues (58%) vont cependant à contre-courant de cette tendance
Toutefois, les actions entreprises par les professionnels de santé proactifs restent néanmoins superficielles et abstraites : seuls 13% donnent des astuces concrètes, 12% réfèrent à un tabacologue ou à des outils d'aide à l'arrêt, 4% proposent des aides pharmacologiques (substitution nicotinique ou autre) et 4% proposent un plan d'action concret.
"Il est nécessaire de récolter les informations sur la consommation tabagique, proposer une aide, et assurer le suivi soit lui-même, soit le cas échéant en faisant appel à d'autres professionnels de la santé, tels que les tabacologues", disent les auteurs.
Ceux-ci recommandent d'inclure d'office les comportements tabagiques dans l'anamnèse par les différents professionnels de santé; d'intégrer par défaut le traitement de la dépendance au tabac dans les trajets de soins et de mettre en réseau les différents professionnels de santé et tabacologues.








