Les patients atteints d'une forme de cancer rare ou complexe ont plus de chances de survie lorsqu'ils sont suivis dans un centre spécialisé, ressort-il de trois nouvelles publications du Registre national du cancer. Kom op tegen Kanker, pendant flamand de la Fondation contre le cancer, demande au gouvernement fédéral de plancher sur une réforme qui concentre ces soins en centres de référence.
Chaque année, environ 20.000 personnes en Belgique apprennent qu'elles souffrent d'un cancer rare ou complexe.
D'après l'une des publications, il ressort qu'en cas de sarcome, une forme de cancer qui touche chaque année 1.100 Belges, la survie à cinq ans en centres spécialisés au Royaume-Uni s'élève à 62,8% contre 42% dans des hôpitaux classiques.
Pour le cancer de la glande surrénale, diagnostiqué une centaine de fois annuellement en Belgique, des études internationales révèlent également que les opérations ont les meilleures chances de réussite dans des centres expérimentés. Cela réduit les complications et augmente les chances de survie. D'autres études menées en Allemagne et aux Pays-Bas montrent que les patients atteints d'une leucémie myéloïde aiguë, un cancer du sang très agressif, présentent de meilleurs résultats dans des centres qui déploient des traitements plus intenses.
Le traitement de certaines tumeurs était déjà concentré ces dernières années. Des opérations complexes pour un cancer du pancréas et de l'œsophage sont en effet rassemblées dans un nombre restreint d'hôpitaux. Et cela semble porter ses fruits. La mortalité dans les 90 jours suivant l'intervention en chirurgie pancréatique est passée de 7,3 à 5,5% et pour l'œsophage, de 9,6 à 6,6%.
La commission d'experts indépendants, qui avait été mise sur pied l'an dernier par la Conférence interministérielle Santé publique, arrive aux mêmes constats. Pourtant, les patients atteints de ces cancers rares en Belgique sont encore souvent admis dans des hôpitaux qui ont peu d'expérience avec la pathologie.
"L'expérience peut faire la différence entre la vie et la mort pour des cancers rares et complexes. L'expertise ne s'engrange qu'avec du volume, donc chaque hôpital ne peut pas continuer à traiter chaque forme de cancer", expose David Vansteenbrugge, directeur général de Kom op tegen Kanker.








