Des chercheurs de l'Université libre de Bruxelles (ULB) ont identifié plusieurs facteurs de transcription qui contrôlent les différentes étapes de la transition épithélio-mésenchymateuse (TEM), un processus essentiel à la formation des métastases. Publiés dans Nature Communications, ces travaux mettent en évidence de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles pour prévenir la dissémination tumorale.
Les métastases sont responsables d'environ 90 % des décès liés au cancer. Pour se propager vers d'autres organes, les cellules tumorales subissent une transition épithélio-mésenchymateuse (TEM), qui leur permet de perdre leurs caractéristiques épithéliales et d'acquérir des propriétés favorisant leur migration. Cette transition ne s'effectue pas de manière binaire, mais passe par plusieurs états intermédiaires, dits « hybrides », considérés comme les plus propices à la dissémination métastatique.
Dans une étude publiée dans Nature Communications, une équipe dirigée par le Pr Cédric Blanpain, directeur du Laboratoire des cellules souches et du cancer au WEL Research Institute et professeur à l'ULB, a identifié les facteurs de transcription impliqués dans ces différentes étapes.
En combinant des techniques de séquençage unicellulaire et des expériences fonctionnelles, Andrea Pérez González, Gabriel Windels et leurs collaborateurs ont montré que les facteurs de transcription Klf5 et Pitx1 jouent un rôle essentiel dans les premières phases de la TEM. Leur délétion génétique dans des modèles murins réduit fortement la formation de métastases. À l'inverse, les chercheurs ont identifié Nfatc1 et Creb3l1 comme régulateurs des stades tardifs de la transition.
« Découvrir que la suppression de Pitx1 ou de Klf5 réduisait drastiquement les métastases dans des modèles murins était fascinant, suggérant que ces nouveaux régulateurs de l'état de la TEM pourraient représenter de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles pour prévenir les métastases », souligne la Dre Andrea Pérez González, première auteure de l'étude.
Les chercheurs indiquent par ailleurs que les réseaux de régulation identifiés dans les tumeurs murines correspondent étroitement aux données issues de tumeurs humaines, renforçant le potentiel translationnel de ces résultats.
« Les stratégies cliniques visant à prévenir ou bloquer les métastases représentent toujours un besoin clinique majeur non satisfait. Nous espérons qu'en bloquant des facteurs impliqués dans la formation des métastases, tels que Pitx1 et Klf5, nous pourrons maintenir les cellules cancéreuses dans un état non métastatique et ainsi empêcher leur dissémination », conclut le Pr Cédric Blanpain.








